Sur de nouvelles bases

Où l'on voit (à nouveau) comment une catastrophe naturelle a modifié la trajectoire historique d'un pays entier, avec des conséquences pour le monde entier.

- Ecoute, tu sais que je suis partisan des approches alternatives et originales ?

- Je le sais, mais moins que ton médecin.

- Ce n’est pas le sujet.

- Et ton nutritionniste.

- Ne dévions pas.

- Ton banquier, aussi, à la réflexion.

- Ca suffit, stop !

- Moi je ne cherche qu’à faire reconnaître les multiples formes que prend ton approche non conventionnelle.

- Oui, bon. La cause est donc entendue. Pour autant, j’ai quelques doutes sur ta dernière proposition. « Tectonique des plaques et nationalisme expansionniste », vraiment ?

- Tout à fait. Après tout je te rappelle qu’on a déjà traité « cyclone et sécession territoriale ».

- C’est vrai. Tu veux donc me convaincre de l’existence de liens possibles entre les mouvements de la croûte terrestre et le fait qu’un pays parte en guerre contre ses voisins ?

- Exact.

- Et j’imagine qu’il ne s’agit pas que d’une construction hypothétique, tu as certainement un exemple concret ?

- Mais oui. Si je te dis grande catastrophe de la plaine de Kanto, ça t’évoque…

- Rien.

- Ca m’arrange. Bon, je pense que tu as quelques souvenirs de rentrée des classes pas franchement joyeuses ?

- Disons que c’était pas mon jour préféré.

L’année va être longue…

- Ca me parle. Pour autant je peux avec une absolue confiance affirmer que tu n’as jamais rien connu qui s’approche de ce qui constitue certainement la pire rentrée de l’histoire, à savoir celle du 1er septembre 1923 au Japon.

- Allons, qu’est-ce qui s’est passé ?

- Tu sais ce que c’est, quand la pression s’accumule et s’accumule et s’accumule encore, au bout d’un moment on attend les limites de qu’il est physiquement capable de supporter. Et ça finit par craquer.

- Je comprends. On parle de quoi, des élèves, des profs, les deux ?

- Ni l’un ni l’autre, la plaque des Philippines.

- Pardon ?

- Je ne t’apprends rien, le Japon se situe en plein dans une zone de forte activité sismique. Il se trouve à peu près à l’intersection entre les trois plaques tectoniques du Pacifique, des Philippines, et de l’Eurasie. Pour le dire autrement, environ 11 % de l’énergie sismique libérée chaque année le sont sous l’archipel, qui totalise 20 % des séismes de magnitude 6 ou plus tous les ans.

- C’est un pays dynamique.

- On peut le dire comme ça. Toujours est-il qu’après avoir cumulé beaucoup de pression sur ses épaules pourtant très larges, la plaque des Philippines cède. Une cassure d’environ 100 km sur 100 km, qui se produit 2 minutes avant l’heure de la cantoche, soit à 11h58.

- D’accord, on parle donc d’un séisme.

- Exactement. Et pas un petit, c’est un score de 7,9 sur l’échelle de magnitude dite de Richter.

...

En Marge, des histoires derrière l'Histoire. N'importe quoi, mais sérieusement.

Par En Marge

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