De loin, c’est une simple bosse au milieu d’une plaine qui s’étend au nord de la Serbie en longeant la Save, un affluent du Danube. Autour, il n’y a pas grand-chose – des champs. Quelques bosquets. D’autres ressauts par-ci par-là au milieu d’un paysage remarquablement plat, pour l’essentiel. Mais la bosse de Gomolava n’est pas tout à fait une bosse ordinaire : c’est un tell, une de ces collines artificielles que les archéologues adorent parce qu’elles sont le témoignage d’une longue présence humaine — six millénaires en l’occurrence — le fruit d’une remarquable accumulation de déchets, de ruines, de vestiges divers et variés et le plus souvent, de vaisselle cassée.
Gomolava n’est pas une découverte récente : le site est identifié depuis 1904 et les recherches menées jusqu’en 1985 ont montré une occupation qui a pris ses aises, du Néolithique à la fin du Moyen Âge. Là encore, rien de bien surprenant sur les berges d’une rivière qui connecte la région à toutes les routes commerciales de l'Europe centrale et des Balkans depuis des millénaires. Gomolava n’est pas juste une bosse, c’est un nœud.
Ce qu’on ne s’attendait pas nécessairement à y trouver, c’est une scène de crime.
...
