- Tiens, tu tombes bien, je voulais…
- Non, non non, désolé, pas maintenant. Pas tout de suite.
- Quoi, tu vas me dire que c’est pour traiter une urgence que tu te diriges vers la cuisine au ralenti, en pyjama, alors qu’on est en fin de mati…début d’après-midi ?
- Peut-être pas une urgence, mais une nécessité. Je suis désolé de faire dans le cliché, mais tu serais gentil de ne pas me solliciter avant que, j’ai eu…tu vois ce que je veux dire ? Ma dose.
« Et puis c’est pas un pyjama, c’est une robe de chambre. Je ne porte pas de pyjama, tu le sais. »
- Ah, oui, je vois. Drogué.
- Pfff, mais qu’est-ce que c’est qu’une drogue, au final ? Allez, bouge, laisse-moi accéder à la cafetière.
- Tu sais que c’est vraiment un cliché ridicule, ce truc, là, « je ne peux rien faire, ne m’adressez même pas la parole, avant que j’ai pris mon café ». Ce n’est pas glorieux de ta part.
- D’une, je ne prétends pas à la gloire.
- *Plus*.
- D’accord, je ne prétends plus à la gloire. De deux, ce n’est pas un cliché, c’est un fait. Militaire, en plus.
- Comment ça ?
- Eh bien le café a représenté un atout stratégique tout à fait significatif dans la Guerre de Sécession. Aussi important que les fusils.
- Hein ? Non.
- D’accord, non, pas aussi important. Mais c’est un élément qui a incontestablement joué dans la victoire de l’Union. De la même façon que la Guerre de Sécession a modifié l’équilibre de la production mondiale de kawa.
- D’accord, je suis intéressé. Dis-m’en plus.
...
