Kessel

Une petite sauterie pour le moral

Où l'on montre que pour se mettre de meilleure humeur, il n'y a parfois rien de mieux de que de balancer une bombe chez le voisin. (Ne faites pas ça chez vous) (Non, vraiment)

- Je suis bien d’accord avec toi, c’est un bon jeu. Et plutôt réaliste, pour autant que je peux en juger. Cependant je trouve qu’il manque une dimension.

- Aaaah, oui. La dimension où tu gagnes.

- Non, je…non.

- De fait, on l’a pas vue.

- Pour la bonne et simple raison que…

- Je sais, c’est moi qui ai gagné. C’est ça. C’est la raison.

- Veux-tu bien cesser oui ?

- Mmm…non. Est-ce que j’ai mentionné ma victoire, j’ai un doute ?

- Ce qu’il y a de bien c’est que tu l’as modeste, en plus.

- Faut dire qu’elle a été large.

- Tu as 5 ans.

- IL S’EST FAIT BATTRE PAR UN ENFANT DE 5 ANS !

Vous voulez savoir comment ça se passe à la rédaction d'En Marge ? Comme ça.Vous voulez savoir comment ça se passe à la rédaction d'En Marge ? Comme ça.

- Donc, je disais…je peux ?

- Vas-y.

- Ce qui manque dans la plupart des jeux de conflits, c’est la dimension psychologique. L’impact d’une opération qui n’a pas forcément un grand intérêt en elle-même, mais qui va réellement affecter le moral. La guerre psychologique non pas tant au sens des campagnes dans la durée, de la propagande qui finit par peser, voire des opérations qui font peur à l’ennemi en s’appuyant sur des légendes, mais plutôt le coup d’éclat. L’action tellement audacieuse qu’elle peut passer pour un succès retentissant même si tu as cramé un équipement précieux pour faire un pied-de-nez sans réelles conséquences concrètes.

- T’as des exemples ?

- Oh, plusieurs. Pour se limiter à la seule période 1942-1943 et au domaine aérien, j’en vois deux. Le premier c’est le Doolittle Raid.

- L’attaque qui ne fait pas grand-chose ? Au moins ils annonçaient la couleur.

- Tu ne devrais pas te moquer du nom, c’est celui de l’homme qui est au cœur de cette mission, et c’est pas n’importe qui. James H. Doolittle est une légende de l’aviation, un authentique pionnier dans ce domaine.

Il a inventé la fossette au menton, déjà.Il a inventé la fossette au menton, déjà.

- Je suis tatillon pour décerner les titres de pionnier, je veux des détails.

- James est né en 1896, il est donc en âge de s’engager pour la Première Guerre, ce qu’en tant qu’Américain il fait en 1917. Il devient pilote, mais ne participe pas directement au conflit puisqu’il est positionné comme instructeur sur le sol des Etats-Unis.

- Sur le sol ?

- Oui enfin en l’air. Après la guerre, il reprend ses études et décroche le premier doctorat en ingénierie aéronautique délivré aux Etats-Unis, tout en étant en parallèle pilote d’essai pour l’armée. L’un des plus fameux de l’entre-deux-guerres.

- Bon, d’accord.

- En tant qu’ingénieur et pilote d’essai, il joue un rôle déterminant dans le développement des instruments de navigation, son idée étant qu’un pilote doit être en mesure de contrôler son appareil dans toutes les conditions de visibilité. Y compris quand y’en a pas du tout. Il est le premier pilote à décoller, voler, et atterrir uniquement aux instruments, sans aucune visibilité extérieure.

- Pas totalement un manche à balai, j’en conviens.

- Puis dans les années 30, il est réserviste de l’armée et travaille sur les carburants aéronautiques pour Shell.

Et vétérinaire, en plus de tout ça.Et vétérinaire, en plus de tout ça.

- Très bien, mais tu m’as dit 1942-43.

- James réintègre l’armée comme commandant en juillet 40, puis la toute nouvelle Air Force en juin 41 en tant que lieutenant-colonel. Là-dessus, Pearl Harbor le 8 décembre. A peine quelques jours plus tard, Roosevelt insiste pour que des opérations de bombardement soient menées dès que possible sur le sol japonais. Il s’agit de regonfler le moral national, traumatisé par l’attaque surprise, mais aussi de punir l’ennemi. En outre, l’idée était qu’une attaque sur le sol japonais pouvait à l’inverse conduire la population nippone à douter de la capacité de l’armée impériale à la protéger.

- Ca fait plein de bonnes raisons.

- Exactement. En janvier 42, le capitaine de la Navy Francis Low estime que des bombardiers bimoteurs doivent être en mesure de mener une attaque sur le sol japonais depuis un porte-avion dans le Pacifique. Il soumet l’idée à l’amiral Ernest King, qui la valide, et se dit qu’il connaît l’homme de la situation.

- Doolittle ?

- Lui-même. C’est à lui qu’est confiée la planification de la mission au sein du QG de l’Air Force. C’est qu’il faut trouver des appareils disposant d’un rayon d’action de 4 400km et d’une capacité de charge utile de 900 kg, tout en étant en mesure de décoller depuis un porte-avion.

- Ah oui, pas évident pour des gros bombardiers.

- Non. Doolittle choisit donc des B25 Mitchell, modifiés pour quasiment doubler leurs réservoirs et donc leur capacité de vol. Ce qui implique par exemple de virer au moins un nid de mitrailleuses.

- Oh ben ça va, c’est pas comme s’il s’agissait d’aller survoler le territoire ennemi.

- Histoire que ce soit encore plus simple, il faut bien voir qu’à l’époque, le B25 n’avait pas encore été piloté en mission de combat.

- Moi ça me paraît bien pour un test. Pas trop compliqué ni rien.

- L’idée est de décoller du Pacifique, de survoler et attaquer le Japon, puis d’aller atterrir à l’Est. Doolittle pense initialement à Vladivostok, mais le Japon et l’URSS ont signé un traité de neutralité.

- Décidément, c’est une manie de signer ce genre de truc avec les puissances de l’Axe.

- Faut croire. En revanche la Chine de Chang Kai-shek est d’accord.

- Donc Pacifique-Japon-Chine ?

- Voilà. C’est bien pour ça qu’il faut pousser au maximum le rayon d’action du zinc.

- Et les cibles ?

- Elles n’ont pas particulièrement d’importance. L’idée est de démontrer la capacité à frapper l’archipel. Ah oui, aussi : pas possible d’avoir une escorte de chasseurs. Les 16 bombardiers seront seuls.

- Et on a retiré certaines armes de défense, donc ?

- Uh uh. Doolittle sélectionne 24 équipages, qui partent s’entraîner en Floride début mars 42. Ils apprennent à décoller depuis l’équivalent d’une piste de porte-avions. Le 1er avril, 16 appareils et leurs équipages de 5 personnes chacun embarquent à bord du USS Hornet depuis la Californie. Doolittle prendra lui-même les commandes d’un des bombardiers. Ils transportent chacun quatre bombes, trois explosives et une incendiaire.

- Allez hop c’est parti.

- Le 18 avril, le groupe naval, composé des deux porte-avions Hornet et Enterprise, de trois croiseurs lourds, un croiseur léger, huit destroyers, et deux navires pétroliers, est repéré par un patrouilleur japonais.

- Aïe.

- Alors en soi c’est pas trop un problème. Un seul patrouilleur contre tout ce petit monde, l’affaire est vite réglée.

- J’imagine.

« Mais je…j’ai…on pourrait finir au moins un tour non ? »« Mais je…j’ai…on pourrait finir au moins un tour non ? »

- L’importun est vite coulé, mais il y a un risque qu’il ait donné l’alerte. Doolittle et le navigateur du Hornet décident de lancer l’attaque sans tarder, alors qu’ils sont à 1 200 km des côtes japonaises, soit 300 km plus loin que prévu. Les 16 bombardiers décollent autour de 9h, et font route vers le Japon au ras des vagues.

« Rendez-vous à Tokyo pour l’apéro. »« Rendez-vous à Tokyo pour l’apéro. »

- Pour éviter de se faire repérer.

- Précisément. L’escadrille arrive au-dessus de l’archipel vers midi. Les appareils rejoignent alors une altitude de 450 mètres, et frappent 10 cibles militaires et industrielles à Tokyo, Yokohama, Yokosuka, Nagoya, et Kobe. Au total 112 bâtiments sont touchés, et il y a 87 morts. Je ne vais certainement pas dire que ce n’est rien, mais ça n’en fait pas une opération décisive.

- En revanche les Etats-Unis ont prouvé qu’ils pouvaient atteindre Tokyo.

- Voilà. Les bombardiers essuient quelques tirs de DCA et de chasse, mais ne subissent pas de dégâts majeurs. Comme prévu, 15 d’entre eux se dirigent ensuite vers la Chine, tandis que le denier fait cap directement vers l’URSS parce qu’il est trop court en carburant.

- Fallait pas faire des loopings en plus.

-Cela dit même les autres n’auraient sans doute jamais pu atteindre la côte sans un puissant vent arrière qui les pousse pendant 7 heures.

- Ben il leur manquait au moins 300 bornes par rapport au plan.

- C’est ça. L’escadrille n’est cependant pas en mesure d’aller jusqu’à leur point de ravitaillement prévu. Deux appareils s’abiment en mer, et les autres atteignent les côtes mais les équipages doivent abandonner leurs avions à sec. Ils les poussent aussi loin que possible puis sautent en parachute. Un homme se tue à cette occasion. Les deux équipages qui se sont perdus en mer seront finalement capturés par les Japonais. Deux hommes se noient, les huit autres sont faits prisonniers. Leurs camarades des autres avions, Doolittle compris, sont récupérés par les Chinois.

- Et le 16e bombardier ?

- Il se pose en URSS, qui en vertu de ses accords avec le Japon arrête l’équipage. Il est détenu un certain temps avant de réussir à « s’échapper » à la mi-43.

- Ce n’est pas une vraie évasion ?

- Non, les hommes sont transférés vers l’Iran, occupé par les Alliés. Au total donc, les 16 appareils sont perdus, et 69 des 80 membres d’équipage rentrent aux Etats-Unis. Les huit prisonniers sont tous condamnés à mort.

- Mais, euh, ce sont des prisonniers de guerre.

- Oui eh ben c’est le Japon, c’est comme ça. La sentence est commuée en détention pour cinq d’entre eux, dont un meurt en prison. Les quatre survivants sont libérés par leurs compatriotes en août 45. Par la suite, quatre officiers japonais en charge de leur détention sont jugés et condamnés à de la prison pour crimes de guerre. Mais avant ça, il y en a un autre qui ne fait pas le malin.

- Qui ça ?

- James Doolittle lui-même. En fait, alors qu’il s’apprête à rentrer à la maison, il s’attend à passer en cour martiale. L’attaque n’a infligé que des dégâts mineurs, et tous les appareils sont perdus. C’est pas particulièrement brillant. Au lieu de cela, il est promu général dès le 28 avril 1942, alors qu’il est encore en Chine et en sautant le grade de colonel, et Roosevelt lui remet la Médaille d’Honneur à son retour en juin. De même, tous les participants sont décorés de la Distinguished Flying Cross. Le raid a en effet reçu des échos très favorables dans l’opinion US, et a regonflé le moral national.

On en a *un petit peu* parlé dans la presse.On en a *un petit peu* parlé dans la presse.

- En plus d’avoir prouvé qu’il était possible de faire décoller des B25 depuis un porte-avion.

- Effectivement. Les raiders de Doolittle sont aussi décorés par la Chine. Qui au final est la principale à souffrir de cette opération.

- Comment ça ?

- Pour éviter que cela se reproduise, et que la Chine devienne une base arrière pour les Etats-Unis, les Japonais lancent une offensive contre les provinces de Zheijang et Jiangxi. Il s’agit aussi de punir les Chinois qui ont aidé les attaquants, et ils n’y vont pas de main morte. Les deux secteurs sont ravagés. Environ 10 000 civils sont tués dans le cadre de la seule recherche des personnes qui ont aidé l’équipe de Doolittle. Ceux qui ont prêté assistance aux Américains sont torturés et tués. Les Japonais brûlent, pillent, violent, tuent, et ravagent plusieurs villes.

- Les exactions japonaises en Chine, c’est un peu notre angle mort vu d’ici.

- Et pourtant… Les Chinois estiment les pertes totales à plus de 250 000 personnes dans les deux provinces, en plus de propager le choléra, la typhoïde, et la peste. Des unités de guerre biologique empoisonnent plusieurs puits et dépôts de nourriture, y compris au charbon. Au point que 10 000 soldats japonais tombent malades, dont 1 700 meurent.

- Ils réussissent à trucider 1 700 d’entre eux ?

- Ils sont tombés pour la plus grande gloire de l’Empereur. Je ne t’apprends et que c’est un peu leur truc. Par ailleurs, le raid Doolittle a de réelles conséquences stratégiques sur la guerre du Pacifique. Il conduit en effet les Japonais à repositionner certaines de leurs forces pour éviter que de telles opérations se reproduisent, ce qui les empêche de les utiliser pour d’autres actions. Typiquement, il y a ainsi des unités qui ne participeront pas à la décisive bataille de Midway parce qu’elles patrouillaient ailleurs.

- Donc 16 bombardiers perdus mais un bilan tout à fait positif pour les Etats-Unis.

- Exactement. Mais j’ai encore mieux dans la catégorie des opérations qui n’ont d’autre but que de cibler le moral et qui réussissent brillamment.

- Tu as toute mon attention.

- Nous sommes en 1943, et on part à l’auuuuutre bout du théâtre des opérations, et du globe.

- En Europe, donc.

- Oui. Où  l’Allemagne a commis deux erreurs. D’une, elle a voulu envahir la Russie.

- Le truc à ne pas faire.

- De deux, elle est en guerre contre le peuple le plus casse-bonbons du monde.

- Ben non, on a lâché l’affaire en juin 40.

- Non, encore plus pénible.

- Aaaaaah, tu veux dire…

- Les champions du monde.

« Helloooooooo ! »« Helloooooooo ! »

- Dieu qu’ils sont agaçants, c’est vrai.

- C’est le moins que l’on puisse dire. Et ils se trouvent devant une merveilleuse opportunité d’opération psychologique. Le 30 janvier 1943, le maréchal du Reich Hermann Goering, l’un des plus hauts dignitaires du régime, doit donner un discours à Berlin pour marquer les 10 ans de l’accession d’Hitler au pouvoir. Il est d’autant plus nécessaire de marquer le coup que le cours de la guerre commence à prendre un mauvais tour pour l’Allemagne. On n’est qu’à quelques jours de la reddition des troupes qui sont parties à l’assaut de Stalingrad, ça va bientôt être le reflux. Tout un cycle de réunions publiques est donc prévu, et Goering a expressément demandé que ses propos soient diffusés en direct à la radio, pour atteindre « les extrémités » les plus lointaines du Reich. Il doit revigorer et fortifier les esprits allemands dans la perspective d’un dernier effort vers la victoire finale.

- Mais évidemment les Brits veulent lui casser les pieds.

- Tu penses bien. En 39, Goering avait déclaré au commandement de la Luftwaffe qu’aucun bombardier ennemi ne pouvait atteindre la Ruhr, et qu’aucune bombe ne tomberait sur Berlin. C’était un peu resté en travers de la gorge des Britanniques, et d’ailleurs début 43 il y avait déjà eu des attaques aériennes sur le territoire allemand, y compris Berlin. Cependant elles étaient toutes intervenues de nuit.

- C’est plus prudent.

- Les services britanniques disposent de renseignements très précis sur l’organisation de la manifestation, le lieu, et jusqu’à l’heure exacte à laquelle Goering doit prendre le micro, soit 11h. Ils décident donc de monter une opération. A petite échelle, on parle 6 chasseurs-bombardiers Mosquito, 3 de l’escadron 105 et 3 du 139.

- Ah oui, les fameux Moustiques.

- Ceux-là même qui iront un an plus tard faire péter la prison d’Amiens. L’occasion de souligner que le Mosquito était un appareil particulièrement rapide parce que particulièrement léger, grâce à une structure en bois plutôt qu’en métal. Il est manœuvrable, et peut voler bas. Les appareils mobilisés pour cette opération embarquent typiquement 4 bombes de 230 kg.

- 3 appareils avec 4 bombes chacun, ça s’annonce pas vraiment comme une offensive décisive. Ils vont faire quoi exactement ?

- Attends. Le 30 janvier, les 3 premiers décollent de la base de Marham au matin, entre 8h et 9h. Les 3 autres sont préparés. Les appareils mettent cap au nord-est au-dessus de la mer du Nord, jusqu’au nord de Heligoland, puis direction Lubeck au sud-est. De là, ils montent pour atteindre l’altitude opérationnelle, et se dirigent vers Berlin.

- Pendant ce temps…

- Exactement. A 11h, le maréchal du Reich Hermann Goering prend place devant le micro, et une salle comble. Il commence à déblatérer ses âneries sur le triomphe prochain, qui sont dûment diffusées en direct sur tout le territoire. Mais rapidement couvertes par le bruit des moteurs, des canons antiaériens, et des bombes. Les Mosquitoes ont commencé à lâcher leurs charges au plus près du ministère de l’Air où se tient la manifestation, et ça fait un max de boucan qu’on entend très bien aussi bien dans la salle qu’à la radio.

« Scheiß, qui les a invités ?! »« Scheiß, qui les a invités ?! »

- Ils sont forts, ces cons.

- Les programmateurs de la radio décident donc de couper le sifflet au numéro deux du Reich en train d’expliquer que ce dernier est plus invulnérable que jamais, et de passer plutôt la Symphonie n°7 en mi mineur de Bruckner. Goering ne revient au micro que plus d’une heure plus tard. Il reprend son discours là où il l’a laissé, le conclut, puis part pour un autre meeting, fumant et vert-de-gris de rage.

- Et les Mosquitos ?

- Ils sont évidemment déjà loin. Ils ont rejoint leur base sans encombre. Et croisé les trois suivants.

- Comment ça ?

- Ah ben je t’ai dit qu’il y avait tout un cycle de réunions publiques et discours. S’agit de fêter comme il se doit les 10 ans du pouvoir nazi. En vertu de quoi le même jour, à 16h, c’est Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, qui prend la parole dans la plus grande salle de sport de Berlin.

- Naaaaan…

 -Mais si ! Même motif, même punition. Goebbels comment à parler, et…

Partyyyyyy !Partyyyyyy !

- Non mais attends, ils sont quand même pas complètement neuneus, ils ont bien dû se douter que ça pouvait arriver cette fois.

- Ah oui. Ce coup-ci, les défenses sont en alerte, et donnent tout ce qu’elles ont. Ce qui remplit parfaitement la partie perturbation du discours du plan. Ca tonne comme il faut, sachant que ce coup-ci la radio poursuit la diffusion. Tous les auditeurs se rendent donc très bien compte que le ciel de Berlin est tout sauf radieux.

- Si les défenseurs sont sur les dents, c’est moins bien pour les Moustiques.

- En effet, le bilan est plus lourd, puisqu’un des appareils est abattu. Ses deux membres d’équipage sont tués. Ca fait donc un équipage perdu sur six, et les dégâts de l’attaque eux-mêmes sont minimes, mais c’était pas l’objectif. En plus de l’effet psychologique, la mission permet également de recueillir des renseignements utiles sur les défenses de Berlin en vue de futures attaques.

- Parfait.

- Par exemple le 20 avril suivant, pour l’anniversaire d’Hitler. Quand le 105e au complet est envoyé attaquer Berlin, et revient après avoir perdu un appareil.

- Ce sont les champions.

En Marge, des histoires derrière l'Histoire. N'importe quoi, mais sérieusement.

Par En Marge

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