- Eh ben putain ça tire dans tous les coins.
- Un dernier débat avant le premier tour ?
- Hein ? Non. Je me refais Le Bon, la Brute et le Truand.
- Un dernier débat avant le premier tour, donc.
- C’est malin, ça. J’aimerais bien que tu me dises qui tu vois dans le rôle du Bon, tiens.
- Parce que tu trouves que Blondin est défendable, toi ?
- Je... Un point pour toi.
"Hey Bardella, tu veux que je te dise..."
- Ben voilà. Comme disait Leone lui-même, le western, c’est comme l’Antiquité.
- L’Antiquité avec des grosses pétoires, quand même.
- Oui. Mais sur le fond, c’est la même chose. Western ou péplum, je cite Il Maestro : « Agamemnon, Ajax, Hector, sont les archétypes des cow-boys d'hier : égocentriques, indépendants, héroïques, fripouilles, et tout ça en grand, dans des dimensions mythiques ».
- Tu les trouves mythiques, toi, les personnages de Leone ?
- Mais oui. Alors oui, il y a de la commedia dell’arte dans la galerie des seconds rôles tous plus affreux, sales et méchants les uns que les autres avec leurs barbes de trois jours, leurs bottes crasseuses, leurs guenilles détrempées par la transpiration, leurs dents pourries et leurs visages à la peau vérolée, cuite et recuite par le soleil des hautes plaines. Mais il y a aussi le souffle du mythe.
- Tu viens de me dire qu’il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre. Il est pas très propre, ton mythe.
...
